Le joli mois de septembre

Monday, 30 August 2010
"Jamais la fin d’été n’avait paru si belle, les vignes de l’année auront de beaux raisins". Septembre, quel joli temps, chantait Barbara. Septembre, septième mois du calendrier romain, d’où vient son nom, va nous apporter, avec la rentrée, toutes sortes d’événements intéressants. En archéologie, le musée de Vallon (FR) présentera une des seule représentation sculptée d’Icare . Et si celui-ci s’approche du soleil en septembre, il s’y brûlera encore les ailes, même si nos jours, en cet hémisphère boréal, deviendront bientôt plus courts que nos nuits. Le septembre politique sera chaud de la double succession au Conseil Fédéral. On se prête à rêver d’un gouvernement enfin collégial, efficace, dynamisé et qui soit prêt à prendre des décisions réfléchies. Quel joli temps !… Septembre sera musical. Lucerne, Montreux ont prévu de prestigieux artistes. Septembre sera littéraire. Encore cette année, plus de sept cents romans nous attendent. Septembre sera rotarien. Voyages et conférences vont émailler nos semaines. Dopages, vaccination, rôle des USA, sujets d’actualité, sujets passionnants, controversés. D’illustres conférenciers vont en débattre. Quant au voyage, que Roland nous a mijoté et ciselé comme un orfèvre, il nous entraînera dans la "Montagne magique", dans les Grisons, lieu d’origine du Président. Nous nous baignerons dans le romantisme de Segantini et Thomas Mann. Et les rouges et roses de Kirchner nous inviteront également à la rêverie.
"Peu de signes indiquaient la véritable saison , et ces signes mêmes étaient à peine visibles. Si l’on mettait à part quelques érables plantés qui végétaient tout juste, en bas, à Davos Platz, et qui depuis longtemps découragés, avaient laissé tomber leurs feuilles, il n’y avait pas ici d’arbres à feuilles, dont l’état eut donné au paysage l’empreinte de la saison, et seul l’hybride aune des Alpes , qui porte des aiguilles molles et les renouvelle comme des feuilles, montrait une calvitie automnale. Les autres arbres qui ornaient la contrée, qu’ils fussent hauts ou rabougris, étaient des conifères, toujours verdoyants, assurés contre l’hiver (…) et seule une tonalité de rouille, plusieurs fois dégradée de la forêt, trahissait, malgré l’ardeur estivale du ciel, l’année finissante. Il est vrai qu’à y regarder de plus près, il y avait encore les fleurs des prés qui, elles aussi, apportaient à voix basse leur témoignage sur cette question. Il n’y avait plus de ces orchis, qui, lors de l’arrivée du visiteur avaient encore orné les pentes, et l’œillet sauvage n’était plus là, lui non plus. Seuls, la gentiane, le colchique à tige courbe étaient visibles et témoignaient d’une certaine fraîcheur intérieure de l’atmosphère superficiellement réchauffée."
Quel joli temps !…



Charles de Carlini